A toi, mon frère, le poète oublié qui as laissé se forger un à un les maillons de tes propres chaînes,
A toi, mon frère, captif des syntaxes, forçat des systèmes, bagnard entravé dans un carcan social,
A toi, mon frère, subordonné, méprisé, prisonnier,

Lève-toi,
Saisis un à un les maillons de tes propres chaînes,
Elimine corrosion, corruption,
Lamine patiemment chaque connexion,
Repousse, forge, soude.
Premier de ta cordée, agrippe-toi,
Assure tes prises, affermis-toi,
Trace la voie.
Seul et insolent.
De chaque anneau, fais un appui
Empoigne les un à un
Cramponne-toi, droit
Enchaîne tes chaînes

 

         Pour devenir enfin, corrosif, caustique et provocateur, le rebelle que tu auras forgé.

 

 

EmmA

© 2009

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